Taux libératoire de 20 % ou barème progressif : quel régime choisir pour ses loyers marocains ?

Taux libératoire de 20 % ou barème progressif : quel régime choisir pour ses loyers marocains ?

La réponse courte d’abord : si vos loyers sont votre seul revenu marocain et qu’ils restent modestes, le barème progressif avec l’abattement de 40 % est souvent plus avantageux. Si vous avez déjà d’autres revenus imposés au Maroc, ou des loyers élevés, le taux libératoire de 20 % devient intéressant parce qu’il plafonne votre imposition. Tout dépend de votre situation globale, et c’est exactement ce qu’on va décortiquer ici, chiffres à l’appui.

Depuis la Loi de Finances 2025, le propriétaire bailleur a vraiment deux logiques au choix pour ses revenus fonciers. On vous explique les deux, on les compare sur des exemples concrets, et on vous dit comment trancher avant de signer un bail à Tanger.

Les deux régimes, en clair

Le barème progressif avec abattement de 40 %

C’est le régime de droit commun. On applique d’abord un abattement forfaitaire de 40 % sur vos loyers bruts annuels, puis le revenu net qui reste est intégré à votre revenu global et taxé selon le barème de l’impôt sur le revenu (IR). Première bonne nouvelle : la première tranche, jusqu’à 40 000 DH par an, est exonérée. Ensuite les taux montent par paliers.

Voici le barème progressif tel qu’il s’applique pour 2025-2026 (à confirmer avec votre comptable, car les tranches peuvent évoluer d’une loi de finances à l’autre) :

Tranche de revenu annuel Taux
0 à 40 000 DH 0 % (exonéré)
40 001 à 50 000 DH 10 %
50 001 à 60 000 DH 20 %
60 001 à 80 000 DH 30 %
80 001 à 180 000 DH 34 %
Au-delà de 180 000 DH 37 %

Le gros avantage de ce régime, c’est l’abattement de 40 % combiné à la tranche exonérée. Le revers, c’est que si vous avez d’autres revenus marocains (salaire, activité), vos loyers viennent s’ajouter par-dessus et peuvent vite atteindre les tranches hautes, jusqu’à 37 %.

Le taux libératoire de 20 %

Introduit par la Loi de Finances 2025, c’est une option. Vous payez 20 % sur le montant brut de vos loyers, sans abattement de 40 %, et c’est terminé : l’impôt est libératoire. Autrement dit, ces loyers n’ont plus à être déclarés dans votre déclaration annuelle de revenu global, et ils ne viennent pas gonfler vos autres tranches.

L’intérêt est double : vous connaissez votre impôt à l’avance, et vous évitez que des loyers importants ne soient happés par le taux marginal de 37 %. Le prix à payer, c’est que vous perdez l’abattement de 40 % et la tranche exonérée des 40 000 DH.

L’ancien réflexe : la retenue à la source 10 % / 15 %

Avant la réforme, et toujours d’actualité pour qui n’opte pas pour le libératoire de 20 %, le locataire personne morale ou professionnel applique une retenue à la source sur le loyer : généralement 10 % si les loyers annuels bruts sont inférieurs à 120 000 DH, et 15 % au-delà. Attention, cette retenue n’est pas forcément libératoire dans le régime de droit commun : elle constitue un acompte qui se régularise ensuite avec le barème. C’est un point technique où il vaut mieux faire valider le mécanisme exact par votre comptable, car il dépend de la nature de votre locataire et de l’option que vous avez choisie.

Comparons sur des cas réels

Prenons trois profils de bailleurs à Tanger. Les montants ci-dessous sont des illustrations pédagogiques, pas un calcul d’impôt officiel : votre situation personnelle (autres revenus, déductions, charges de famille) change le résultat.

Profil Loyers bruts/an Barème + abattement 40 % Libératoire 20 % sur le brut
Petit bailleur, pas d’autre revenu MA 60 000 DH Base nette 36 000 DH, sous le seuil exonéré : impôt très faible voire nul 12 000 DH
Bailleur moyen, pas d’autre revenu MA 120 000 DH Base nette 72 000 DH, taxée par tranches : généralement plus léger 24 000 DH
Bailleur avec gros salaire MA 180 000 DH Loyers ajoutés en haut de tranche, souvent vers 34-37 % 36 000 DH (plafonné, hors déclaration)

Ce qui ressort : pour le petit et le moyen bailleur sans autre revenu marocain, le barème avec abattement tire souvent l’avantage grâce à la tranche exonérée et au taux bas sur les premiers paliers. Pour celui qui a déjà un revenu marocain élevé, le libératoire de 20 % évite l’effet d’empilement et devient le choix défensif. Faites toujours faire les deux calculs côte à côte avant de décider : c’est gratuit chez votre comptable et ça peut représenter plusieurs milliers de dirhams par an.

Comment opter pour le taux libératoire

L’option n’est pas automatique, elle se demande. La procédure observée depuis la réforme :

  • Déposer une demande par voie électronique sur le portail des impôts (espace en ligne de la Direction Générale des Impôts, tax.gov.ma / SIMPL).
  • Transmettre une copie du récépissé à chacun de vos locataires concernés, au moins 30 jours avant la prochaine échéance de loyer, pour qu’ils ajustent leur retenue.
  • L’option couvre l’ensemble des biens soumis à retenue et prend effet sur les échéances suivantes.
  • Conservez baux, quittances et justificatifs : l’administration peut vous les demander plusieurs années après.

Côté déclaration annuelle, le rendez-vous de référence reste le dépôt en début d’année (échéance autour du 1er mars) pour le revenu global. Si vous avez opté pour le libératoire de 20 %, ces loyers en sont en principe dispensés. Vérifiez l’échéance exacte de l’année en cours, car elle est parfois ajustée.

Notre recommandation pratique

Avant d’acheter pour louer à Tanger, demandez-vous d’abord : ces loyers seront-ils votre seul revenu marocain, ou s’ajoutent-ils à un salaire ou une activité déjà imposée ici ? La réponse oriente presque tout. Ensuite, faites simuler les deux scénarios sur le loyer réel du bien visé. Chez Redinmo, on connaît les niveaux de loyer pratiqués quartier par quartier au centre-ville, ce qui aide à poser des hypothèses réalistes avant même de vous brancher sur un comptable pour le décompte fiscal exact.

Questions fréquentes

Le taux de 20 % s’applique-t-il sur le loyer brut ou net ?

Sur le montant brut, sans l’abattement de 40 %. C’est précisément ce qui le différencie du barème progressif, où l’abattement de 40 % réduit d’abord la base imposable.

Si je ne fais rien, quel régime s’applique ?

À défaut d’option pour le libératoire de 20 %, vous restez dans le régime de droit commun : abattement de 40 %, barème progressif, et le cas échéant retenue à la source de 10 % ou 15 % opérée par un locataire professionnel. Faites confirmer le mécanisme par votre comptable selon le type de locataire.

Puis-je revenir en arrière après avoir opté pour le 20 % ?

Une révocation de l’option est en principe possible, mais elle obéit à un délai et à une procédure précise (demande à transmettre avant l’échéance concernée). Ne changez pas de régime sans valider les délais en vigueur avec votre conseil fiscal.

Et si mes loyers annuels sont inférieurs à 40 000 DH ?

Dans le régime de droit commun, la première tranche jusqu’à 40 000 DH est exonérée, ce qui rend souvent le barème plus intéressant que le libératoire pour les petits loyers. Là encore, un calcul comparatif tranche la question.

Voir aussi

Vous hésitez entre les deux régimes pour un bien précis à Tanger ? Parlons-en avant que vous ne signiez : écrivez-nous sur WhatsApp ou passez par notre page contact. On vous aide à poser les bons chiffres, puis votre comptable valide le décompte.

Par l’équipe Redinmo, agence immobilière à Tanger. Montants donnés à titre indicatif 2026 ; votre notaire ou votre banque établit le décompte exact.