MRE de Belgique, d’Espagne ou du Canada : comment déclarer ses loyers marocains sans double imposition ?

MRE de Belgique, d'Espagne ou du Canada : comment déclarer ses loyers marocains sans double imposition ?

La réponse courte d’abord : vos loyers d’un bien situé au Maroc se déclarent et se paient d’abord au Maroc, parce que le revenu immobilier est imposable dans le pays où se trouve le bien. Ensuite, vous les déclarez aussi dans votre pays de résidence (Belgique, Espagne ou Canada), mais la convention fiscale signée avec le Maroc fait que vous ne payez pas deux fois sur le même loyer. C’est le principe que nous voyons s’appliquer tous les jours avec nos clients MRE propriétaires à Tanger.

Voyons concrètement comment ça marche, dans quel ordre, et avec quels documents.

Pourquoi le Maroc impose en premier

Les conventions de non double imposition que le Maroc a signées (plus de cinquante au total, dont la Belgique, l’Espagne et le Canada) reprennent un principe simple sur l’immobilier : les revenus d’un bien immeuble sont imposables dans l’État où le bien est situé. Pour un appartement loué à Tanger, c’est donc le Maroc qui taxe en premier, quelle que soit votre résidence fiscale. Votre pays de résidence ne perd pas la main pour autant, mais il applique un mécanisme qui neutralise la double imposition (on y revient plus bas).

Autrement dit : le loyer marocain est un revenu de source marocaine. Vous ne pouvez pas l’ignorer côté Maroc en pensant le déclarer seulement chez vous.

L’impôt sur le loyer au Maroc, en pratique

Au Maroc, les loyers d’habitation relèvent de l’impôt sur le revenu (IR foncier). Le calcul part du loyer brut annuel, auquel on applique un abattement forfaitaire pour charges, puis un barème. Voici les ordres de grandeur que nous constatons (à confirmer avec votre notaire ou un comptable, car les seuils ont bougé avec les dernières lois de finances) :

Élément Ordre de grandeur 2026
Abattement forfaitaire pour charges 40 % du loyer brut (parfois plus élevé les premières années pour du neuf)
Loyer annuel faible Exonéré en dessous d’un seuil (de l’ordre de 30 000 à 40 000 DH selon la source : vérifiez le montant exact)
Tranche intermédiaire Taux autour de 10 %
Tranche supérieure (au-delà d’environ 120 000 DH/an) Taux autour de 15 %
Option libératoire (gros loyers) Taux forfaitaire d’environ 20 %, qui dispense de la déclaration globale

Concrètement, pour un loyer annuel modeste, l’impôt marocain reste léger. Les sources spécialisées citent par exemple, pour un loyer d’environ 60 000 DH par an, un IR foncier de l’ordre de quelques milliers de dirhams. Nous insistons : ce sont des repères, pas un décompte. Votre situation exacte (montant, ancienneté du bien, autres revenus marocains) change le résultat, et c’est votre notaire ou votre comptable qui établit le chiffre final.

Où et quand déclarer au Maroc

La déclaration se fait auprès de la Direction Générale des Impôts (DGI), en pratique via le portail SIMPL. Le dépôt et le paiement se font au début de l’année qui suit (plusieurs sources indiquent une échéance autour du 1er mars ; vérifiez la date exacte de l’année concernée, car elle peut varier). Gardez précieusement vos justificatifs de loyers et de charges.

Et chez vous : Belgique, Espagne, Canada

C’est ici que les MRE se trompent souvent. Vous restez résident fiscal de votre pays, donc vous devez y déclarer vos revenus mondiaux, y compris le loyer marocain. La bonne nouvelle, c’est que la convention évite que ce loyer soit taxé une seconde fois. La méthode dépend du pays.

Pays de résidence Convention avec le Maroc Méthode pour éviter la double imposition
Belgique Convention signée en 2011 Exonération avec réserve de progressivité : le loyer marocain est exonéré d’impôt belge, mais il est pris en compte pour calculer le taux moyen appliqué à vos autres revenus belges.
Espagne Convention en vigueur Crédit d’impôt : le loyer est inclus dans la base imposable espagnole, avec un crédit correspondant à l’impôt déjà payé au Maroc.
Canada Convention signée en 1975 Crédit d’impôt : même logique, vous déclarez au Canada et imputez l’impôt marocain payé.

En clair : en Belgique, vous déclarez le bien et son revenu, mais l’impôt belge ne frappe pas ce loyer (il influence seulement votre taux). En Espagne et au Canada, vous déclarez le loyer dans votre revenu, vous calculez l’impôt local, puis vous déduisez l’impôt marocain déjà acquitté. Dans les deux cas, vous ne payez pas deux fois sur le même loyer.

Le document qui débloque tout

Pour faire jouer la convention, votre administration vous demandera souvent une preuve de l’imposition au Maroc (avis ou quittance de paiement de l’IR foncier, parfois une attestation de résidence ou un justificatif délivré par la DGI). Sans cette preuve, l’exonération ou le crédit peut vous être refusé. C’est pourquoi nous recommandons de déclarer proprement au Maroc d’abord, puis de conserver les justificatifs pour votre déclaration belge, espagnole ou canadienne.

Le rapatriement de vos loyers

Côté change, le Maroc autorise le rapatriement des revenus locatifs des MRE, à condition d’avoir investi en respectant la réglementation des changes (idéalement via un compte en dirhams convertibles au moment de l’achat). Les modalités exactes et les plafonds relèvent de l’Office des Changes et de votre banque : demandez à votre banque marocaine la procédure et les pièces à fournir avant de signer, pas après.

Questions fréquentes

Dois-je vraiment déclarer au Maroc si je suis déjà imposé chez moi ?

Oui. Le loyer d’un bien marocain est un revenu de source marocaine, imposable en premier au Maroc. C’est même l’impôt marocain payé qui vous sert ensuite à faire jouer l’exonération (Belgique) ou le crédit d’impôt (Espagne, Canada) dans votre pays.

Je risque de payer deux fois, non ?

Non, c’est précisément le rôle de la convention. La Belgique exonère le loyer marocain (avec réserve de progressivité), l’Espagne et le Canada accordent un crédit égal à l’impôt marocain. Le but est que le même loyer ne soit imposé qu’une fois en net.

Quel taux d’impôt sur un petit loyer à Tanger ?

Sur un loyer annuel modeste, l’IR foncier marocain reste faible après l’abattement de 40 %, et un loyer sous le seuil d’exonération peut même ne rien payer. Les seuils ayant évolué, demandez le décompte exact à votre notaire ou à un comptable.

Quels documents garder ?

Le contrat de bail, les justificatifs de loyers encaissés, la déclaration et la quittance de paiement de l’IR foncier au Maroc, et tout document de la DGI prouvant l’imposition. Ce sont ces pièces qui sécurisent votre déclaration à l’étranger.

Voir aussi

Vous préparez un achat locatif à Tanger ou vous voulez mettre en règle un bien déjà loué ? Écrivez-nous sur WhatsApp ou passez par notre page contact : on vous oriente vers le bon notaire et on vous explique le circuit de déclaration de bout en bout.

Par l’équipe Redinmo, agence immobilière à Tanger. Montants donnés à titre indicatif 2026 ; votre notaire ou votre banque établit le décompte exact.