Réponse courte : oui, mais pas toujours la totalité, et seulement si vous pouvez le prouver. La règle de l’Office des Changes tient en une phrase : vous pouvez faire sortir du Maroc ce qui y est entré en devises, capital plus plus-value, à condition d’avoir les justificatifs. Si vous aviez acheté votre bien avec un virement en devises depuis l’étranger, le rapatriement est en principe ouvert. Si vous l’aviez payé en dirhams (épargne locale, héritage, revenus marocains), le transfert n’est pas automatique et s’examine au cas par cas avec votre banque. Voyons concrètement comment ça marche, depuis Tanger.
La règle de base : la garantie de retransfert
Au Maroc, les mouvements de devises vers l’étranger passent par l’Office des Changes. Pour les investissements immobiliers, le principe est celui de la garantie de retransfert : un non-résident ou un MRE qui a financé son achat en devises peut, à la revente, transférer à l’étranger la valeur de son investissement et l’éventuelle plus-value, une fois les impôts et frais réglés.
Autrement dit, ce n’est pas un plafond fixe ni une autorisation discrétionnaire : c’est un droit lié à la traçabilité. La devise qui est entrée peut ressortir. La clé, ce sont les preuves que cet argent est bien venu de l’étranger au départ.
Le point qui change tout : comment aviez-vous payé à l’achat ?
C’est la première question que votre banque va poser. Le mode de financement initial détermine ce que vous pourrez rapatrier.
Achat financé en devises
Si vous aviez viré des euros, des dollars ou d’autres devises depuis votre compte à l’étranger (idéalement via un compte en dirhams convertibles ou un compte MRE), vous avez la voie la plus claire. Le compte convertible sert justement de mémoire de l’opération : son historique prouve l’entrée de devises et ouvre le retransfert au moment de la vente.
Achat financé en dirhams
Si le bien a été payé avec des fonds déjà au Maroc (épargne en dirhams, revenus locaux, donation), il n’y a pas d’entrée de devises à reproduire en sortie. Le transfert n’est pas garanti d’office et se traite au cas par cas. Les biens reçus en héritage relèvent aussi de règles particulières. Dans ces situations, parlez-en à votre banque et à votre notaire avant même de mettre le bien en vente.
Combien pouvez-vous réellement transférer ?
Le montant rapatriable n’est pas le prix de vente brut. Il correspond, dans la limite de ce qui est entré en devises, au capital investi plus la plus-value, après paiement de l’impôt et des frais. Voici la logique de calcul, étape par étape.
| Étape | Ce qui se passe |
|---|---|
| 1. Prix de vente | Le montant inscrit dans l’acte chez le notaire. |
| 2. Moins l’impôt (TPI) | L’impôt sur le profit immobilier est prélevé sur la plus-value (voir plus bas). |
| 3. Moins les frais | Honoraires de notaire, éventuels frais d’agence, soldes de charges. |
| 4. Net disponible | Crédité en dirhams sur votre compte, souvent un compte convertible. |
| 5. Transfert en devises | Dans la limite des devises d’origine plus plus-value, sur présentation des justificatifs. |
Si une partie seulement de l’achat avait été financée en devises, le transfert se fait dans cette proportion. Pour le chiffre exact qui vous concerne, vérifiez le décompte avec votre notaire et votre banque : eux seuls peuvent l’arrêter sur la base de vos propres documents.
L’étape fiscale : l’impôt sur le profit immobilier (TPI)
Avant tout transfert, l’impôt sur la vente doit être réglé. Au Maroc, la taxe sur le profit immobilier (TPI) est, depuis 2023, de 20% du profit net (la différence entre le prix de vente et le prix d’achat actualisé), avec un minimum de 3% du prix de vente même en l’absence de profit. Des exonérations existent, par exemple pour une résidence principale détenue depuis une certaine durée, mais elles obéissent à des conditions précises.
Le paiement de la TPI permet d’obtenir le quitus fiscal délivré par la DGI. Depuis la loi de finances 2024, ce contrôle peut porter sur l’ensemble de votre situation fiscale, pas seulement sur le bien vendu. Bonne nouvelle pour planifier : vous pouvez demander un avis préalable à l’administration dans les 30 jours suivant le compromis, pour connaître la base imposable et le montant dû avant la vente. Les taux et seuils étant donnés à titre indicatif 2026, faites confirmer votre cas par votre notaire.
Les documents à réunir pour le transfert
Le dossier que votre banque transmettra repose sur la traçabilité. Préparez :
- L’acte de vente (et idéalement l’acte d’achat d’origine).
- Le certificat de l’ANCFCC attestant le transfert du titre foncier.
- Le justificatif de paiement de la TPI et le quitus fiscal.
- Les bordereaux des virements initiaux en devises et les relevés du compte convertible.
- Pour un MRE : titre de séjour à l’étranger et relevés du compte MRE ou compte en devises.
Conservez tous ces justificatifs, même après l’opération : l’Office des Changes a allégé certaines déclarations, mais les pièces restent exigibles en cas de contrôle ou de transfert ultérieur.
L’ordre des opérations, à ne pas inverser
Beaucoup de blocages viennent d’un mauvais séquençage. Le bon ordre : signer la vente chez le notaire, payer la TPI et obtenir le quitus, faire constater le transfert de titre à l’ANCFCC, puis seulement demander le transfert en devises auprès de la banque. Le rapatriement est la dernière étape, jamais la première. Vendre depuis l’étranger reste possible sans revenir à Tanger : une procuration légalisée chez votre notaire suffit le plus souvent.
Questions fréquentes
Puis-je rapatrier la plus-value et pas seulement mon apport ?
Oui. La garantie de retransfert couvre la valeur de l’investissement et la plus-value éventuelle, après paiement de la TPI et des frais, dans la limite de ce qui était entré en devises. Le montant exact dépend de votre dossier ; faites-le chiffrer par votre banque.
J’avais acheté en dirhams. Tout est-il perdu pour le transfert ?
Non, mais ce n’est pas automatique. Sans entrée de devises documentée à l’achat, le transfert s’examine au cas par cas avec votre banque. Renseignez-vous avant la mise en vente pour connaître votre marge de manoeuvre.
Combien de temps prend le rapatriement ?
Il n’existe pas de délai officiel unique : tout dépend de la complétude du dossier (quitus, certificat ANCFCC, preuves de devises) et de votre banque. Un dossier propre et complet accélère nettement les choses.
Dois-je revenir au Maroc pour vendre et transférer ?
Pas nécessairement. Une procuration légalisée permet au notaire de gérer la vente, et le transfert se traite ensuite avec votre banque marocaine. Nous vous accompagnons à distance, de l’estimation à la signature.
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Par l’équipe Redinmo, agence immobilière à Tanger. Montants donnés à titre indicatif 2026 ; votre notaire ou votre banque établit le décompte exact.