Si vous louez un bien au Maroc sans y résider, voici la réponse courte : vos loyers sont imposables au Maroc (c’est là que se trouve le bien), au titre de l’impôt sur le revenu (IR) catégorie revenus fonciers. Vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire de 40% sur le loyer brut, puis l’impôt s’applique sur les 60% restants. Selon le montant et l’option que vous choisissez, le taux va de 10% à 20%, et un seuil d’exonération existe pour les petits revenus. Reste ensuite la question du rapatriement de l’argent vers votre pays, qui est lui aussi encadré. On vous explique tout, calmement, ci-dessous.
Êtes-vous bien imposable au Maroc, et seulement au Maroc ?
Premier réflexe : un non-résident n’est imposé au Maroc que sur ses revenus de source marocaine. Un loyer encaissé pour un appartement à Tanger est un revenu de source marocaine, donc oui, il est imposable ici, peu importe où vous vivez. Vos revenus gagnés ailleurs ne sont pas concernés par le fisc marocain.
Le Maroc a signé des conventions de non double imposition avec de nombreux pays (France, Espagne, Belgique, Allemagne, et beaucoup d’autres). Le principe général pour l’immobilier : le revenu locatif est imposé dans le pays où se trouve le bien, c’est-à-dire au Maroc. Vous devez souvent le déclarer aussi dans votre pays de résidence, mais avec un crédit d’impôt qui évite de payer deux fois. Comme chaque convention a ses propres règles, faites valider votre cas précis par votre conseiller fiscal dans votre pays.
Comment se calcule l’impôt sur vos loyers ?
Le mécanisme est volontairement simple au Maroc. Vous ne déduisez pas vos charges réelles (entretien, syndic, assurance, etc.) une par une. À la place, l’administration applique un abattement forfaitaire de 40% censé couvrir toutes ces charges. Votre base imposable, c’est donc le loyer annuel brut multiplié par 60%.
Sur cette base nette, deux chemins sont possibles :
- Le barème progressif de l’IR : vos revenus fonciers nets s’ajoutent à vos autres revenus de source marocaine et sont taxés par tranches, le taux marginal le plus haut étant de 37% depuis la loi de finances 2025.
- L’option du taux libératoire de 20% : un taux unique et définitif sur le revenu, sans avoir à intégrer ces loyers dans une déclaration globale par la suite. Cette option se demande à l’administration et suppose d’en informer vos locataires (en pratique au moins une trentaine de jours avant l’échéance de loyer suivante). Vérifiez la procédure exacte avec votre notaire ou votre comptable.
Il existe aussi un seuil d’exonération : depuis la loi de finances 2025, les revenus fonciers nets annuels inférieurs à 40 000 MAD ne sont pas imposés. En clair, tant que vos loyers bruts restent autour de 66 000 à 67 000 MAD par an (avant abattement), vous pouvez rester sous le seuil net de 40 000 MAD et ne rien payer. Le montant exact dépend de votre situation, faites-le confirmer.
La retenue à la source : qui prélève, et combien ?
C’est le point qui crée le plus de confusion, alors clarifions. Quand votre locataire est un professionnel ou une personne morale (une entreprise, une administration) soumis à un certain régime, c’est lui qui prélève l’impôt directement sur le loyer et le verse au fisc pour votre compte. Les taux usuels de cette retenue sont :
| Loyer annuel brut | Taux de retenue à la source | Nature |
|---|---|---|
| Inférieur à 120 000 MAD | 10% | Non libératoire (imputable) |
| Égal ou supérieur à 120 000 MAD | 15% | Non libératoire (imputable) |
| Sur option du bailleur | 20% | Libératoire (définitif) |
Quand la retenue est non libératoire (10% ou 15%), elle n’est pas l’impôt final : c’est une avance. Elle vient s’imputer sur l’IR réellement dû quand vous régularisez votre situation, et un trop-versé peut donner lieu à restitution. Si vous louez à un particulier (le cas le plus fréquent pour un appartement d’habitation), il n’y a pas de retenue par le locataire : c’est à vous de déclarer et de payer.
Nouveauté à connaître pour 2026 : une retenue à la source de 5% sur les loyers entre en vigueur de façon progressive à compter du 1er juillet 2026. Attention, elle vise surtout les loyers versés par de grandes structures (État, établissements publics, banques, assurances, puis grandes entreprises au-delà d’un seuil de chiffre d’affaires) à des bailleurs sous régime professionnel. Pour un particulier non-résident qui loue un logement à un autre particulier, ce dispositif ne change en principe rien. Mais comme les textes évoluent, faites confirmer votre cas exact par votre notaire ou votre comptable.
Quand et comment déclarer ?
Si vous relevez du barème progressif (ou si une part de vos loyers n’est pas couverte par une option libératoire), vous déposez une déclaration annuelle de revenu global, en pratique au début de l’année suivante (souvent avant le 1er mars, mais la date précise est à vérifier chaque année). Les démarches passent désormais par les téléservices de la DGI, sur le portail SIMPL (tax.gov.ma). Si vous avez opté pour le taux libératoire de 20%, vous êtes en principe dispensé de déclarer cette part de loyers chaque année, puisque l’impôt est déjà définitif.
Notre conseil pratique : gardez précieusement votre contrat de bail enregistré et vos quittances de loyer, ainsi que les justificatifs de paiement de la taxe d’habitation et de la taxe de services communaux. Ces documents servent à la fois pour le fisc et, comme on le voit juste après, pour transférer votre argent à l’étranger.
Comment récupérer et transférer vos loyers à l’étranger ?
Un investisseur non-résident peut tout à fait rapatrier ses loyers nets. Le bon outil est le compte en dirhams convertibles, ouvert dans une banque marocaine. Il permet d’encaisser vos revenus locatifs et, après paiement des impôts dus, de reconvertir le solde en devises et de le transférer vers votre pays. Le transfert des loyers au profit d’un bailleur non-résident est autorisé sur présentation, notamment, du bail enregistré et des quittances de taxes foncières et de services. L’Office des Changes encadre ces opérations, alors préparez votre dossier en amont avec votre banque.
| Étape | Ce dont vous avez besoin |
|---|---|
| Encaisser les loyers | Compte en dirhams convertibles au Maroc |
| Régler l’impôt | Retenue à la source ou déclaration IR via SIMPL |
| Transférer à l’étranger | Bail enregistré, quittances, justificatifs de taxes, validation banque/Office des Changes |
Les montants et procédures exactes peuvent varier selon votre banque et votre dossier : votre banque et votre notaire restent vos meilleurs interlocuteurs pour sécuriser le transfert.
Questions fréquentes
Dois-je payer l’impôt au Maroc et dans mon pays de résidence ?
Vos loyers marocains sont imposés au Maroc. Selon la convention fiscale entre le Maroc et votre pays, vous devrez souvent les déclarer aussi chez vous, mais avec un crédit d’impôt qui évite la double imposition. Faites valider le calcul par un conseiller dans votre pays de résidence.
Mes loyers sont modestes : suis-je quand même imposé ?
Pas forcément. Un seuil d’exonération s’applique aux revenus fonciers nets annuels inférieurs à 40 000 MAD (après l’abattement de 40%). En dessous, vous ne payez pas d’IR sur ces loyers. Le montant exact dépend de votre situation, faites-le confirmer par votre comptable.
Vaut-il mieux choisir le taux libératoire de 20% ou le barème ?
Cela dépend de vos autres revenus marocains et du montant des loyers. Le barème progressif peut être plus avantageux si vos revenus sont faibles ou si vous restez sous le seuil, tandis que le libératoire de 20% simplifie la gestion. Comparez les deux scénarios chiffrés avec votre notaire ou votre comptable avant de trancher.
Comment transférer mes loyers vers mon pays sans blocage ?
Passez par un compte en dirhams convertibles et gardez votre bail enregistré et vos quittances de loyer et de taxes. Une fois l’impôt réglé, la banque peut effectuer le transfert en devises dans le cadre fixé par l’Office des Changes.
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Par l’équipe Redinmo, agence immobilière à Tanger. Montants donnés à titre indicatif 2026 ; votre notaire ou votre banque établit le décompte exact.