Disons-le tout de suite : ne pas déclarer ses loyers au Maroc n’est pas une zone grise, c’est un risque fiscal réel. Si l’administration (la DGI) reconstitue vos revenus, vous payez l’impôt dû plus des majorations qui peuvent atteindre 20 % du montant, auxquelles s’ajoute une pénalité de retard de 0,5 % par mois. Et comme l’administration peut remonter plusieurs années en arrière, l’ardoise grimpe vite. La bonne nouvelle : la mise en conformité est simple, et déclarer reste très peu coûteux par rapport au redressement. On vous explique tout, chiffres à l’appui.
Rappel rapide : que doit-on déclarer, et quand ?
Tout propriétaire qui loue un bien situé au Maroc, qu’il soit résident ou non-résident, doit déclarer ses revenus locatifs. Ces loyers entrent dans la catégorie des revenus fonciers et sont soumis à l’impôt sur le revenu (IR).
La déclaration se fait en ligne, sur le portail SIMPL de la DGI, et le paiement de l’impôt doit intervenir avant le 1er mars de l’année qui suit celle où vous avez perçu les loyers. Concrètement : les loyers de 2025 se déclarent et se paient avant le 1er mars 2026.
Bon à savoir avant d’aller plus loin : un abattement de 40 % s’applique sur les loyers bruts, et les petits loyers sont exonérés. Selon les règles en vigueur en 2026, on retient généralement :
| Loyer annuel brut | Taux applicable (IR / retenue) |
|---|---|
| Jusqu’à 40 000 DH | 0 % (exonéré) |
| Inférieur à 120 000 DH | 10 % |
| 120 000 DH et plus | 15 % (ou option libératoire à 20 %) |
Ces taux et seuils évoluent avec les lois de finances. Faites confirmer le montant exact applicable à votre cas par votre notaire ou votre comptable.
Concrètement, que risque-t-on à ne pas déclarer ?
Le risque se décline sur trois niveaux : les majorations sur l’impôt, les pénalités de retard mois après mois, et le redressement qui peut remonter sur plusieurs années.
1. Les majorations pour défaut ou retard de déclaration
Le barème des majorations est progressif selon votre situation :
| Situation | Majoration |
|---|---|
| Déclaration déposée dans les 30 jours après la date limite | 5 % |
| Déclaration déposée au-delà de 30 jours de retard | 15 % |
| Absence de déclaration, déclaration incomplète ou insuffisante | 20 % |
Autrement dit, plus vous attendez, plus le taux grimpe, et le pire scénario (ne rien déclarer du tout) est aussi le plus cher.
2. La pénalité de retard de 0,5 % par mois
En plus de la majoration ci-dessus, une pénalité de retard de 0,5 % par mois (ou fraction de mois) s’applique sur le montant de l’impôt dû, à compter de la date d’exigibilité. Sur deux ou trois ans de retard, ces 0,5 % mensuels finissent par représenter une part non négligeable de la note.
3. Le redressement qui remonte dans le temps
C’est le point que beaucoup de propriétaires sous-estiment. La DGI dispose d’un droit de reprise qui lui permet, en règle générale, de contrôler et de rectifier les quatre dernières années (article 232 du Code général des impôts). Si elle découvre des loyers non déclarés, elle peut reconstituer l’impôt sur toute cette période, puis ajouter majorations et pénalités sur chaque année concernée.
Et l’information circule : virements bancaires récurrents, contrats de bail enregistrés, déclarations de votre locataire, attestations diverses. La DGI croise de plus en plus ces données, ce qui rend la non-déclaration moins discrète qu’on ne l’imagine.
Un exemple chiffré pour fixer les idées
Prenons un appartement loué 6 000 DH par mois à Tanger, soit 72 000 DH de loyers annuels. Après l’abattement de 40 %, la base imposable est d’environ 43 200 DH, taxée au taux de 10 %, soit près de 4 320 DH d’IR par an.
| Élément | Si vous déclarez | Si redressement (1 an, non-déclaration) |
|---|---|---|
| IR dû (ordre de grandeur) | ~4 320 DH | ~4 320 DH |
| Majoration (jusqu’à 20 %) | 0 DH | jusqu’à ~864 DH |
| Pénalité de retard (0,5 %/mois) | 0 DH | s’ajoute mois par mois |
| Tranquillité | Totale | Risque sur 4 ans |
Ces chiffres sont des ordres de grandeur pour illustrer la logique, pas un calcul officiel. Multipliez-les par le nombre d’années contrôlées et vous comprenez pourquoi déclarer reste de loin l’option la moins chère.
Comment se mettre en règle si on a déjà du retard ?
Si vous n’avez pas déclaré une ou plusieurs années, mieux vaut régulariser de votre propre initiative que d’attendre un contrôle. Une démarche spontanée limite l’exposition et vous évite le scénario du redressement complet sur quatre ans.
- Rassemblez vos justificatifs : contrats de bail, quittances de loyer, relevés bancaires. Conservez-les au moins quatre ans, c’est la durée utile en cas de contrôle.
- Reconstituez les loyers perçus année par année, abattement de 40 % inclus.
- Déposez les déclarations manquantes sur le portail SIMPL et payez l’impôt correspondant.
- Faites-vous accompagner par un comptable ou un notaire pour calculer précisément majorations et pénalités, et pour le bon traitement des non-résidents.
Chez Redinmo, à Tanger, on oriente régulièrement nos clients investisseurs vers les bons interlocuteurs pour cette mise en conformité, avant comme après l’achat.
Questions fréquentes
Si mes loyers sont inférieurs à 40 000 DH par an, suis-je concerné ?
En principe, en dessous du seuil d’exonération (de l’ordre de 40 000 DH bruts par an en 2026), l’impôt est nul. Mais l’obligation déclarative et le seuil exact dépendent de votre situation globale : vérifiez avec votre comptable, car cumuler plusieurs biens peut changer la donne.
Combien d’années la DGI peut-elle remonter ?
Le droit de reprise porte en général sur les quatre dernières années (article 232 du CGI). Une notification de redressement peut toutefois ouvrir un nouveau délai. Ne tablez donc pas sur l’oubli du passé.
Je suis non-résident, dois-je quand même déclarer ?
Oui. Tout revenu tiré de la location d’un bien situé au Maroc est imposable au Maroc, que vous y résidiez ou non. Les non-résidents ont intérêt à se faire accompagner pour la déclaration et le paiement.
La retenue à la source me dispense-t-elle de déclarer ?
Pas automatiquement. Selon le montant des loyers et l’option choisie (par exemple le taux libératoire), les obligations diffèrent. Faites confirmer votre cas précis par votre notaire ou votre comptable.
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Par l’équipe Redinmo, agence immobilière à Tanger. Montants donnés à titre indicatif 2026 ; votre notaire ou votre banque établit le décompte exact.