Si vous possédez (ou visez) un bien à Tanger pour le louer en courte durée sur Airbnb ou Booking, voici la réponse directe : c’est toujours légal en 2026, la loi 80-14 n’interdit pas la location touristique. Ce qu’elle fait, c’est l’encadrer. Vous passez d’une zone grise à un cadre clair, avec trois obligations qui reviennent partout : une autorisation d’exploitation, la déclaration de vos voyageurs, et la taxe de séjour. À côté, la fiscalité de vos revenus locatifs reste la même logique que pour tout bailleur. Voyons ce que ça change concrètement pour vous.
La loi 80-14, c’est quoi exactement ?
La loi 80-14 est le texte qui régit les établissements touristiques et les autres formes d’hébergement touristique au Maroc. Elle a été complétée par un décret d’application (décret n° 2-23-441) en 2023, qui a précisé les règles applicables aux hébergements non classés, c’est-à-dire les appartements, riads et villas loués en courte durée via les plateformes.
L’idée de fond : l’État veut faire sortir de l’informel un parc de logements loués sans déclaration. Selon plusieurs sources sectorielles marocaines, une vague de régularisation est attendue à partir de 2027, avec des arrêtés complémentaires censés intégrer ces logements jusque-là non déclarés. Autrement dit, le sujet n’est pas “est-ce que ce sera encadré”, mais “quand le contrôle deviendra-t-il systématique”. Mieux vaut être en règle avant.
Les trois obligations à retenir comme propriétaire
Si vous ne deviez retenir que trois choses, ce serait celles-ci.
1. L’autorisation d’exploitation
Avant de mettre votre bien en location touristique, la loi prévoit une autorisation d’exploitation délivrée par les autorités locales compétentes (commune ou préfecture selon la localisation). Dans la pratique, la mise en oeuvre de cette autorisation pour les hébergements non classés est encore en cours de déploiement et reste inégale selon les villes. À Tanger comme ailleurs, le réflexe est de vous rapprocher de la commune et de votre notaire pour savoir précisément quelle démarche s’applique à votre adresse avant de commercialiser le bien.
2. La déclaration des voyageurs (déclaration de police)
C’est l’obligation la plus ancienne et la plus systématiquement appliquée : tout hébergeur doit déclarer ses voyageurs aux autorités, via les bulletins d’arrivée. La déclaration se fait de plus en plus par voie dématérialisée (plateforme nationale dédiée aux hébergeurs). Conservez vos bulletins d’arrivée et vos factures de séjour : la pratique recommandée est de les garder au moins un an. C’est la première chose qu’on vous demandera en cas de contrôle.
3. La taxe de séjour
La taxe de séjour (et, selon les communes, la taxe de promotion touristique) s’applique aussi aux locations courte durée. Les montants sont fixés au niveau communal et varient selon la ville et le standing du logement, par nuitée et par personne. À titre indicatif, on retrouve souvent des fourchettes de l’ordre de quelques dizaines de dirhams par nuitée et par personne. Le montant exact applicable à Tanger doit être confirmé auprès de la commune : ne vous fiez pas à un chiffre vu sur un autre site.
Et la fiscalité de mes revenus ? (le point qui rapporte ou qui coûte)
C’est souvent là que les propriétaires se trompent. Vos revenus de location, courte durée comprise, sont imposables et doivent être déclarés. La logique des revenus fonciers prévoit, dans le Code général des impôts 2026 :
| Élément | Règle indicative 2026 |
|---|---|
| Abattement forfaitaire | 40 % sur le revenu brut (revenu net = brut x 60 %) |
| Taux libératoire si brut annuel < 120 000 MAD | 10 % sur le revenu net |
| Taux libératoire si brut annuel ≥ 120 000 MAD | 15 % sur le revenu net |
| Déclaration annuelle | avant le 1er mars de l’année suivante |
| TVA sur hébergement touristique | taux réduit (10 %) ; seuil et assujettissement à vérifier |
Attention au piège de la requalification. Si votre activité de location meublée devient habituelle et organisée (plusieurs biens, gestion structurée, vrai “business” Airbnb), l’administration peut la considérer comme une activité professionnelle. Dans ce cas, vous sortez du régime des revenus fonciers : l’abattement de 40 % et les taux libératoires ne s’appliquent plus de la même manière, et vous basculez vers la fiscalité des bénéfices professionnels (avec, potentiellement, TVA et tenue de comptabilité). C’est exactement le genre de seuil qu’il faut anticiper avec un comptable, surtout si vous montez en volume.
Les montants et seuils ci-dessus sont donnés à titre indicatif pour 2026. Pour votre situation précise (résident ou non-résident, un bien ou plusieurs, montage en société ou en nom propre), faites établir le décompte exact par votre comptable ou votre notaire.
La fameuse limite de 120 jours par an : info ou intox ?
Vous avez peut-être lu qu’on ne pourrait louer son bien que 120 jours par an. Soyons honnêtes : cette limite est très relayée dans les médias, mais elle ne figure pas explicitement dans le texte de la loi 80-14 ni dans le décret de 2023. Elle relèverait plutôt d’instructions ou de circulaires d’application, dont la portée peut varier. Notre conseil : ne construisez pas votre rentabilité sur l’hypothèse d’un plafond non confirmé, et vérifiez l’état réel de la règle au moment où vous lancez, auprès de la commune et de votre notaire.
Que risque-t-on si on ne déclare rien ?
L’exploitation sans autorisation expose à des sanctions prévues par la loi 80-14 : amendes, et selon les situations, fermeture administrative du logement. Les fourchettes d’amendes citées varient selon les sources (de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers de dirhams), et s’y ajoute le risque fiscal classique en cas de revenus non déclarés. Le contrôle reste aujourd’hui peu fréquent, mais l’orientation est claire : structurer le secteur et inciter à la régularisation. Mieux vaut donc se mettre en conformité progressivement plutôt que d’attendre la première vérification.
Comment se mettre en règle, concrètement
- Vérifiez auprès de la commune de Tanger la démarche d’autorisation applicable à votre bien.
- Mettez en place la déclaration de vos voyageurs (bulletins d’arrivée) dès la première location.
- Identifiez la taxe de séjour communale applicable et intégrez-la dans vos tarifs.
- Déclarez vos revenus chaque année avant le 1er mars, et faites valider votre régime fiscal par un comptable.
- Conservez factures et bulletins d’arrivée pendant au moins un an.
Si vous gérez à distance, ces tâches sont exactement celles qu’une bonne gestion locative ou conciergerie prend en charge pour vous. C’est un sujet qu’on connaît bien chez Redinmo, et qu’on peut vous aider à cadrer avant même l’achat.
Questions fréquentes
Airbnb est-il interdit au Maroc en 2026 ?
Non. La loi 80-14 encadre la location touristique, elle ne l’interdit pas. Louer son appartement en courte durée reste légal, à condition de respecter l’autorisation, la déclaration des voyageurs et la taxe de séjour.
Dois-je payer des impôts sur mes revenus Airbnb ?
Oui. Vos revenus locatifs sont imposables et se déclarent chaque année avant le 1er mars. En régime de revenus fonciers, un abattement de 40 % s’applique, puis un taux libératoire (10 % en dessous de 120 000 MAD de brut annuel, 15 % au-delà). Si l’activité devient professionnelle, le régime change : faites le point avec un comptable.
La limite de 120 jours par an est-elle obligatoire ?
Elle est très médiatisée mais ne figure pas explicitement dans la loi 80-14. Ne fondez pas votre plan de rentabilité dessus sans avoir vérifié la règle en vigueur auprès de la commune et de votre notaire au moment du lancement.
Puis-je tout gérer si je vis à l’étranger ?
Oui, beaucoup de propriétaires investisseurs gèrent à distance via une conciergerie qui s’occupe de l’accueil, des déclarations et de la conformité. C’est précisément le cas d’usage pour lequel cette cluster “louer et gérer son bien à distance” existe.
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Par l’équipe Redinmo, agence immobilière à Tanger. Montants donnés à titre indicatif 2026 ; votre notaire ou votre banque établit le décompte exact.