La réponse courte d’abord : si l’agence n’a pas trouvé d’acheteur avant la fin de votre mandat de vente, vous ne lui devez rien. La commission d’une agence n’est due qu’en cas de vente réellement conclue, constatée par un acte écrit et signé par vous et l’acheteur. Pas de vente, pas d’honoraires. Le mandat arrive simplement à son terme, et vous redevenez libre de confier votre bien à qui vous voulez, ou de le vendre vous-même.
C’est la règle de base, et elle est rassurante. Mais il y a deux ou trois points qui méritent votre attention, parce que c’est là que des vendeurs se font parfois surprendre : la tacite reconduction, la clause de droit de suite sur un mandat exclusif, et la question de savoir si l’agence a vraiment fait son travail. On vous explique tout, clairement.
L’agence n’a aucune obligation de vendre, mais une obligation de moyens
Quand vous signez un mandat, l’agence ne s’engage pas à vendre votre bien : elle s’engage à tout mettre en oeuvre pour le vendre. C’est ce qu’on appelle une obligation de moyens, et non une obligation de résultat. Concrètement, une agence sérieuse doit publier votre annonce sur les bons portails, l’exposer en vitrine, organiser les visites, vous rendre compte de chaque visite et du retour des acheteurs potentiels.
Si le bien ne se vend pas, ce n’est donc pas automatiquement la faute de l’agence. Souvent, c’est une question de prix, de timing du marché, ou d’un bien qui demande quelques travaux ou photos. Mais si l’agence n’a manifestement rien fait (aucune annonce visible, aucune visite organisée, aucun compte-rendu), c’est un vrai sujet, et cela peut justifier de ne pas reconduire le mandat, voire de le résilier avant terme.
Ce que vous payez (ou pas) à la fin du mandat
La signature d’un mandat de vente est gratuite. Vous ne versez rien à la signature, rien pendant la durée du mandat, et rien à son expiration si aucune vente n’a eu lieu. La commission ne devient exigible que le jour de la conclusion de la vente.
Pour vous donner un repère : au Maroc, la commission d’agence tourne généralement autour de 2,5 % HT à la charge du vendeur et 2,5 % HT à la charge de l’acheteur, soit environ 5 % HT au total partagés entre les deux parties. La TVA (20 %) s’ajoute à ces honoraires. Ces taux se négocient, surtout sur les biens de valeur importante.
| Situation | Ce que vous devez à l’agence |
|---|---|
| Mandat signé, aucune vente | Rien |
| Pendant toute la durée du mandat | Rien (la signature est gratuite) |
| Fin du mandat sans acheteur | Rien |
| Vente conclue grâce à l’agence | Commission (souvent ~2,5 % HT côté vendeur, + TVA) |
Les pourcentages ci-dessus sont des ordres de grandeur observés sur le marché. Le taux exact figure noir sur blanc dans votre mandat : vérifiez-le avant de signer, et faites confirmer le décompte final par votre notaire le jour de la vente.
Le piège n°1 : la tacite reconduction
Beaucoup de mandats au Maroc contiennent une clause de tacite reconduction : à l’échéance, le mandat se renouvelle automatiquement pour une nouvelle période, sauf si vous le dénoncez par écrit. Autrement dit, si vous pensiez être libre à la fin des trois ou six mois mais que vous n’avez rien notifié, vous pouvez vous retrouver toujours engagé sans le savoir.
La parade est simple : lisez la clause de durée et de reconduction avant de signer, et si le bien ne s’est pas vendu, notifiez votre intention de ne pas reconduire. En pratique, beaucoup d’agences exigent un préavis (souvent autour de 15 jours) par lettre recommandée avec accusé de réception. Respectez le délai et le format prévus dans votre contrat : c’est ce qui vous protège.
Le piège n°2 : le droit de suite sur un mandat exclusif
Si vous avez signé un mandat exclusif, attention à la clause de droit de suite. Elle prévoit en général que si un acheteur présenté par l’agence pendant le mandat finit par acheter votre bien après la fin du mandat, la commission reste due à l’agence. L’idée est d’éviter qu’un vendeur attende la fin du mandat pour conclure en direct avec un acheteur qui venait en réalité de l’agence.
Ce n’est pas abusif en soi, c’est même normal. Mais cela suppose que l’agence puisse prouver qu’elle vous a bien présenté cet acheteur (généralement par une liste écrite des visiteurs remise en fin de mandat). Si l’acheteur n’a jamais été présenté par l’agence, le droit de suite ne s’applique pas. En cas de doute sur un cas précis, faites trancher la question par votre notaire ou un conseil juridique avant de signer un compromis.
Mandat simple ou exclusif : quel impact à la fin ?
Avec un mandat simple, vous pouvez confier votre bien à plusieurs agences en même temps et le vendre vous-même. À la fin, vous reprenez votre liberté sans formalité particulière (hors tacite reconduction).
Avec un mandat exclusif, vous confiez votre bien à une seule agence pendant une période donnée (souvent trois mois au départ). En contrepartie de cet engagement, l’agence investit davantage (mise en avant, budget de diffusion, suivi rapproché). Si le bien ne se vend pas, vous n’avez toujours rien à payer, mais vous devez respecter la clause de droit de suite et la procédure de non-reconduction décrites plus haut.
Concrètement, vos options à la fin du mandat
- Reconduire avec la même agence si le travail a été sérieux et que c’est surtout une question de temps ou de marché.
- Réviser le prix : un bien qui ne reçoit aucune offre après plusieurs mois est très souvent au-dessus du marché.
- Changer d’agence si la diffusion, les visites ou le suivi ont été insuffisants.
- Passer en exclusivité si vous étiez en mandat simple et que la dispersion entre agences a nui à la lisibilité de votre annonce.
- Faire une pause et remettre le bien sur le marché à un meilleur moment.
Dans tous les cas, demandez à l’agence sortante un compte-rendu : nombre de contacts, de visites, retours des acheteurs. Ces informations valent de l’or pour ajuster votre stratégie sur le tour suivant.
Questions fréquentes
Dois-je payer quelque chose si l’agence n’a pas vendu mon bien ?
Non. La commission n’est due qu’en cas de vente effectivement conclue et constatée par un acte écrit signé. Tant qu’il n’y a pas de vente, vous ne devez rien à l’agence, ni à la signature, ni à l’expiration du mandat.
Mon mandat s’est-il renouvelé tout seul ?
C’est possible s’il contient une clause de tacite reconduction et que vous ne l’avez pas dénoncé. Relisez la clause de durée de votre contrat. Pour être tranquille, notifiez votre décision par écrit (souvent par lettre recommandée, en respectant le préavis prévu).
Puis-je vendre moi-même après la fin d’un mandat exclusif ?
Oui, sauf si l’acheteur vous avait été présenté par l’agence pendant le mandat. Dans ce cas, la clause de droit de suite peut rendre la commission due. Vérifiez la liste des acheteurs présentés et, en cas de doute, demandez l’avis de votre notaire.
Combien de temps dure un mandat de vente au Maroc ?
En pratique, le plus souvent entre 3 et 6 mois, parfois renouvelable par tacite reconduction sauf dénonciation. La durée exacte et les conditions de renouvellement sont écrites dans votre mandat.
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Par l’équipe Redinmo, agence immobilière à Tanger. Montants donnés à titre indicatif 2026 ; votre notaire ou votre banque établit le décompte exact.